jeudi 22 novembre 2007

Tranche de (vie) cairote

Les harcèlements incessants de nos fans assoiffés nous ont fait prendre conscience que cela faisait effectivement un sacré moment que nous n'avions rien publié sur ce blog. En outre nous sommes désormais en "vrai" WE après avoir travaillé d'arrache-pied pour performer notre premier examen local : un oral en arabe... de 5 à 10 minutes... Raphaël nous a offert une splendide prestation du Petit Chaperon Rouge revisité à la mode baladi(il a du passer par la douane avec sa bouteille de vin et son tire-bouchon) tandis que Mathilde et Myrtille ont tenté d'avancer le travail du guide blue jeans, qui consiste à donner les bons et mauvais plans aux petits deuxième année qui voudraient nous succéder ici l'an prochain.
Ces derniers temps notre vie fut donc plutôt cairote et concentrée sur les cours et la recherche d'activités externes tel le sport(Raph se met à la boxe et Mathilde au Marriot), le théâtre bilingue(Myrtille a décidé de s'y remettre) ou encore les cours de langue donnés à des Soudanais.

Concernant les cours, nos progrès ont été suffisants pour qu'on ait l'impression de s'en sortir dans la vie courante et pouvoir baragouiner plus de 3 mots aux chauffeurs de taxi ce qui est assez agréable.

Dans le cadre des cours de socioculturel, nous avons visité des ateliers dans le souk le plus grand et le plus célèbre du Caire : le Khan el Khalili. Au milieu de bâtiments tous plus somptueux les uns que les autres, en plein coeur du Caire islamique, à côté du centre névralgique sunnisme représenté par la mosquée et l'université El-Azhar, un véritable souk s'est installé depuis 400 ans. Les ateliers sont légèrement excentrés du coeur grouillant du souk à touristes. C'est pourquoi, débarquant à 80 "riches blancs" dans des rues étroites, escarpées et plutôt délabrées, nous ne passions pas inaperçus. Après avoir visité de splendides maisons datant de l'époque des Mamelouks et des Ottomans, nous avons pénétré dans une réalité bien moins sympathique et malheureusement encore très actuelle: celle du travail des enfants dans une fabrique de tapis. (voir à ce propos la très jolie histoire "Ahmed le tailleur" sur le blog de François: http://al-qahira.livejournal.com/). Ces enfants qui n'ont sans doute jamais vu autre chose que le métier à tisser devant lesquels on les fait s'asseoir chaque matin pour nouer des fils devant un outil titanesque et réaliser un ouvrage qui leur prend des mois depuis qu'ils sont en âge de comprendre les gestes à réaliser, c'est à dire souvent à partir de 5ans. Ils gagnent à peine de quoi manger le pain "baladi"et sont sensés nourrir leur famille. Ils peuvent s'estimer heureux car eux au moins ont un toit et ne sont pas condamnés comme 4 millions d'enfants en Egypte, à vivre dans les rues, mendier leur pain et dormir sous les ponts. Bien-sûr ils n'iront jamais à l'école et ne sauront donc ni lire et écrire, il leur sera donc très difficile d'avoir une autre ambition que celle de devenir un tisseur "reconnu" mais ils ne se posent le plus souvent même pas la question puisqu'ils n'ont pour la plupart jamais eu l'occasion de sortir véritablement de leur quartier. Cette immersion dans une autre réalité de l'Egypte était importante. Elle nous offre un autre horizon.






vendredi 2 novembre 2007

Opération SCEP



C'est au détour d'une promenade équestre que nous avons enfin découvert, après plus d'un mois d'actives recherches, les bâtiments de l'illustre SCEP: Société Cairote d'Elevage de Poulets. On nous aurait menti. Elle ne se situe pas au Caire même mais à Saqqara, c'est à dire à environ 25 km du centre même du Caire, où se trouve la doyenne des pyramides, celle de Djoser(ou Djéser) en escaliers . Semblable à celui de l'époque de René Coti(notre Raïs à nous), la vétuste entreprise pullule de volaille grouillante et bruyante. Etant donné l'incongruïté de l'emplacement, le risque de grippe avière et le fait que nous étions à cheval, nous n'avons pu y pénétrer. Nous avons du nous contenter de la vue d'ensemble externe dont voici un aperçu.






L'activité de la journée ne s'est cependant pas concentrée autour de la SCEP puisque nous n'aurions pu deviner la trouver si loin du Caire.

Avec des amis français, nous avions RDV avec Mahmoud dont les chevaux sont connus de tout bon routard qui se respecte. Nous avons ainsi chevauché deux heures duurant à travers pampa et désert. Un voyage enchanteur entre la pyramide de Saqqara et le musée d'Imothep("tep") et la pyramide de Dachour, plus au Sud.




Kan ïa makaan(il était une fois en arabe)





















Alors que nous sirotions tranquillement des sodas...
















une horde de moutons se rua sur nous...

mais heureusement, "Mahmoud est arrivééé, sans se presserrrr"













et nous a prêté des chevaux...








afin que l'on puisse s'échapper...



(Hue Cannabis)





















traversant le Sahara de part en part... entre Saqqara et Dachour...




pour finalement revenir à Saqqara et passer l'après-midi en sécurité au coeur d'un village accueillant, à se nourrir de mets délicieux (dont du fromage de gnou), apprendre comment subsiter et se cacher en escaladant les datiers, et à jouer au sport national avec les enfants: le foot. Raphaël a tenté de leur apprendre la passe à 10 qu'ils ont eu l'air d'apprécier.











Pour finir nous avons été escortés jusque dans le centre du Caire par un minibus et sommes sortis indemmes de cette histoire. ouf!

-FIN-

lundi 22 octobre 2007

Marcel et ses gazelles

Certains connaissent sans doute le groupe "Marcel et son orchestre" et comprendront donc l'allusion; d'autres y verront peut-être un rapprochement avec "Cloclo", on leur accorde. Pour les inculturés, tant pis ou alors voire de plus amples explications ci-dessous mais celles-ci n'expliqueront que la dérive du terme initial.

Vacances de l'Aïd oblige, nous en avons profité pour nous ruer hors de l'étouffante chaleur polluée du Caire pour découvrir la vallée du Nil et le Sud de l'Egypte avec Anaïs, la soeur de Myrtille. Notre périple, a été organisé par un ami egyptien, Ahmad, un employé de l'hôtel où nous étions descendus à notre arrivée au Caire.
Il nous a fait remodeler nos plans initiaux et préparé un voyage avec pick-up vers les hôtels et excursions. Nous sommes donc partis le premier soir de nos vacances en train vers Assouan. Les trains egyptiens ont beau être très confortables, malgré une clim un peu forte, les 14h qu'ont duré le voyage dans une ambiance peu propice au sommeil nous ont fait trouver la route un peu longue. Pour votre gouverne, et dans l'hypothétqiue cas où vous voudriez nous rendre visite et voguer vers le Sud, sachez que la nuit, les lumières restent constamment allumées dans les wagons et que les Egyptiens ont pour activité phare lorsqu'ils s'ennuient, d'écouter à tour de rôle toutes les sonneries de leurs téléphones portables et ces sonneries sont, comment dire... stridentes et "baladi"(typiques).




"Elle est longue la route" comme dirait l'autre. Arrivés sur place "Mister Colin(prononcer "Coline")" était attendu et après avoir eu le temps de poser nos sacs à l'hôtel nous avons directement commencé les visites en commençant par Philae, magnifique temple au milieu du Nil et le lac Nasser qui surplombe le barrage.



























Premières photos de touristes








splendide toit en construction de l'hôtel









le pliage de serviette est une institution dans les hôtels egyptiens... nous en avons eu quelques échantillons...










sortie de l'hôtel...



Le lendemain, (le touriste est un sportif qui s'ignore), nous avons du nous lever avant potron minet (3h du matin) pour aler découvrir le plus illustre des temples de Ramses II, Abu Simbel. A l'aube, malgré le fourmillement touristique, ce spectacle ravit les pupilles et est on ne peut plus agréable que la température extérieure, dans cette partie de l'Egypte la plus proche de la frontière soudanaise, est encore tout à fait supportable.



Le souk d'Assouan étant conseillé par le Guide Bleu, Le Guide Vert, Le Routard et le Lonly Planet une visite s'y imposait. Hormis avoir appris le pri d'un gramme d'argent ou d'un cheich, nous avons découvert des tas d'expressions assez comiques qui compètent assez bien le "Welcome to Egypt" : "Shouf Marcel" étant notre préféré, nous avons retenu: "la gonzesse", "ça roule ma poule", "t'as 3 femmes? Bonne chance" ou variante "tu m'en donnes une?", "c'est gratuit jusqu'à la caisse", "la gazelle!", "what's your name? Claudia? Heidi?"," where are you from? ah France? vive la France, Zidane, La vache qui rit, Chirac!". Si on synthétise on peut dire que la France se résume pour eux au foot, au fromage et à la politique africaine de Chirac. Mais qui oserait le leur reprocher quand pour les 3/4 des Français, l'Egypte se résume aux pyramides?



Nous avons ensuite passé une journée entre pays nubien et fellouque sur laquelle nous avons dormi une nuit. La fellouque est cette petite embarcation typique à voile qui avance très lentement en zigzagant("barque sur le Nil, tudududu"). Nous étions hors du temps et de l'espace, loin de la cohue touristique, des vendeurs ambulants, des klaxons, de la pollution, des gamins qui vous courent après en criant "welcome to Egypt", un réel retour aux sources! pas de lumière(juste 2 bougies), pas de toilettes sur le bateau. Cette expérience rustique et rudimentaire s'est avérée époustouflante et reposante.


























Les Nubiens sont des massacreurs de crocodiles. Ils parent leurs maisons de ces trophées! Pauvre Schnappi...































L'aventure s'est prolongée vers Luxor en passant par les temples de Kom Ombo et le mythique temple d'Edfou. De nouveau nous avons enchaîné les visites: Karnak, le temple de Luxor et les vallées des rois et des reines.

















Sur la route de Kom Ombo nous avons rencontré ces enfants




détail d'un mur du temple de Kom Ombo

















Le fameux Horus d'Edfou.



Si vous trouvez des calèches dans toutes les zones touristiques, Luxor est la ville des calèches par excellence: vous n'y coupez pas, toutes les 5 minutes environ on vous apostrophe pour vous demander si vous désirez fair un tour : « Calèche? ».




Le temple... en plein centre ville




















Déco de chambre toujours... La pus belle qu'on ait eu, dans la tradition hôtelière locale
Dédicace particulière à Nioc K.(il se reconnaîtra), un amoureux invétéré du kitch depuis 6 ans.




Amis anglophones rencontrés lors du séjour

"Des temples , encore des temples toujours des temples... "Karnak est sans conteste le plus grand « parc archéologique » qui nous ait été donné de voir. Une vraie ville absolument incontournable et sublime.









































le lac sacré de Karnak






Un scarabé géant. Il paraît que si on en fait 7 fois le tour on se marie dans l'année.







Une obélix!







La vallée des rois:
un grand espace creusé au milieu du désert. Chaque petit point noir est l'entrée d'une tombe de pharaon.
D'un point de vue déco, on a rien à redire, c'est vraiment sympathique, « surréaliste, mais sympathique »(les cinéphiles auront reconnu la référence).




Le temple d'Atchepsout: 3 étages, quelques terrasses, figurez vous un jardin tout autour en plein désert, effacez les touristes(oui on sait c'est pas évident y en a tellement mais faites un effort! Concentrez vous) et là vous devriez percevoir un peu de la majesté de cette grande reine aux goûts raffinés et très originaux.
D'un point de vue déco interne, c'est à peu près la même que celle des tombes de pharaons.












La vallée des reines:
même chose que pour la vallée des rois: de miraculeux tombeaux au milieu d'une mer de pierre.

Et à côté deux grands colosses de qq metres de haut chacun:










Mais trève de galégeades et autres monuments antiques, on avait bien mérité le droit de glander pendant deux jours à Hurghada et de profiter de la piscine et de la plage d'un hôtel voisin du Cindrella(si si c'est possib) (qui n'était autre que notre hôtel). Après s'en être mis pleins les yeux, le besoin de lézarder au soleil était intense et le petit détour de 2 jours par Hurghada avant de retrouver le Caire fut un régal.

Vous comprenez mieux le nom de l'hôtel??







Azur, nos ailes sont bondées d'un cri...





















ouais, la classe.






eh ouais! en plein mois d'octobre... (mais ça fait attraper de beau coups de soleil)


Mais maheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin...
et nous avons du rentrer au Caire pour reprendre les cours...
en prenant un bus mega climatisé!!! saloperie qui nous a fait choper des rhumes...


PS: en espérant que ce petit aperçu vous aura donné envie d'en voir plus