vendredi 6 juin 2008

"maa'lesh"




Après avoir vécu plus de huit mois en Egypte, nous sommes plus en moins en mesure de faire un premier bilan et de répondre approximativement aux questions que nous nous posions à notre arrivée, ou tout du moins, d'expliquer en quoi notre regard a évolué au cours de cette riche année.




Une amie écrivait sur son blog "Tu sais que tu as vécu trop longtemps en Egypte quand :(entre parenthèses nous avons rajouté nos propres commentaires pour bien appuyer ses dires)





- tu manges du foul (= fèves) au petit déjeuner(ou à la pause de 10h30 parce que le foul à côté du DEAC est le meilleur de la ville mais ferme à midi)




- tu as au moins un vêtement à paillette dans ta garde-robe (et coloré en +)

- tu dis "yan3ne", "maa'lesh" et "inch'allah" toutes les trois phrases, même si tu parles en français(IBM : Inch'allah, Boukra, Maa'lesh. la culture de la relativité...)

- tu as déjà pris un bus en marche(ou été accroché à la porte ouverte parce qu'il n'y avait plus de place)



- tu n'oses pas porter de débardeur lorsqu'il fait 45°(même chez toi parce que c'est "haram". non mais qu'est ce qu'elles ont toutes ces filles à être aussi indécentes, c'est inadmissible, rhabillez vous!!)


- tu repères le wagon pour femmes quand le métro arrive(ben oui mais là au moins on te laisse tranquille... même si on ne prend pas souvent le metro)



- tu bois l'eau du robinet, tant pis si elle est dégueulasse(euh non ça on y arrive toujours pas...)


- tu bois des Louxor ou tu fumes des Cléopatra(ça non plus berk!)


- tu connais au moins une blague sur Mubarak(le pauvre s'il savait)

- tu parles avec les chauffeurs de taxis et tu adores leur raconter ta vie(oui alors ça ça dépend de l'humeur du jour)


- tu ne te dis pas "tiens, des homos" quand tu vois deux hommes qui se donnent la main dans la rue


- tu as une pile de livres de vulgarisation sur l'islam que tu récupères chaque fois que tu visites la mosquée El-Azhar(et que tu ne lis même pas..)

- tu n'arrives pas avant 21h si on te donne rendez-vous à 20h30(et encore c'est un peu tôt)

- tu sais ce que signifie le mot "koshary"(même si tu n'en manges plus parce qu'au bout d'un moment ce mélange de riz, pâtes, lentilles, oignons grillés, sauce tomate et pois chiches auquel tu peux rajouter de petits morceaux de foie de volaille, même si c'est plutôt bon, c'est bourratif et il fait trop chaud pour en manger... vive la pastèque)


- tu n'as pas fait attention au cafard qui vient de passer(disons que ça surprend moins)

- tu te dis souvent qu'il est temps d'aller te coucher quand tu entends le premier muezzin et que tu es encore debout(c'est tout de même rare)

- tu essaies de diviser le prix par deux quand un commerçant t'annonce un prix(et encore le vendeur se fera quand même une bonne marge, même si nous parlons arabe et que donc il nous fait soit disant les prix egyptiens)


- tu ne tournes même pas la tête si tu sens tout à coup une odeur de chèvre ou de mouton. Ben quoi, c'est normal qu'ils traversent !

- tu appelles les gens "pacha" ou "docteur" si tu veux leur demander un service(ya bacha!moumkin tesaadni laousamart?)

- tu ne dis pas "il pleut" quand tu vois trois flaques d'eau sur un trottoir en plein été, c'est juste les clims qui fuient(même si nous savons qu'il peut pleuvoir en plein désert au mois de mai lorsque Mathilde et Myrtille y sont et que tout le monde dort profondément à la belle "étoile"(où ça des étoiles il n'y a que des nuages...)

- tu cries à l'inondation s'il pleut 5 gouttes (oui surtout dans le désert)

- tu t'es déjà fait crier dessus dans la rue par un chauffeur de taxi pas content(ben oui mais on connaît les prix mon vieux, ce n'est parce qu'on a des têtes de touristes que tu peux nous entuber!)

- tu as trois Ahmed et cinq Mohammed dans le répertoire de ton téléphone portable(pour nous ce serait plutôt des "Mahmoud")



- tu as compris qu'un polo Lacoste, ça coute 15 livres (2 euros) dans la rue(oui bon ok le crocodile a parfois une sale trogne mais c'est comme les "adidos" que du vrai!)

- tu trouves ça louche si tu tombes sur un ascenseur en parfait état(comment ça les 2 portes ferment? mais au secours on essaie de nous enfermer! laissez moi sortir je suis clostro!!)

- tu bois en moyenne cinq thés par jour(ça coûte rien et c'est bon)
- tu payes tes factures d'électricité en liquide ; y a un mec qui passe chez toi tous les mois

- tu détestes traîner ta famille et tes amis aux pyramides (encore !)

- tu dis que Jérusalem et Tel Aviv sont en Palestine

- tu crois qu'une place à l'opéra ça coûte 3€ (25 livres)(nous n'y sommes toujours pas allés)


- tu as toujours au moins un truc en panne dans ton appart(si ce ne sont 2)

- tu connais au moins un refrain de chanson d'Amr Diab ou Mohamed Mounir("taali ya habibi")

- tu n'es pas choqué si le vendeur de journaux vend "Mein Kampf" à côté du Da Vinci Code et d'Harry Potter(jamais vu ça)

- tu adores dire du mal des saoudiens(mais ça on aimait déjà bien avant)

- tu trouves que 5h de route, c'est vraiment la porte à côté

- tu as compris le sens du mot "périphrase" le jour où tu as commencé à apprendre l'arabe

- tu peux te la péter en offrant des bijoux en (vrai) argent à ta mère et à toutes tes copines, et tu oublies souvent de leur préciser que ça t'a couté le prix d'une place de ciné à Paris(chut! ça ne se dit pas ça)

- tu as une connexion internet pourrie(oh que oui...)

- tu dis souvent du bien de Jacques Chirac même si tu es de gauche (au moins par diplomatie)

- tu détestes les russes(ces gros rougeauds en micro short? ah pour ça oui on a honte de passer pour un touriste quand on voit l'image qu'ils en donnent...)

- tu sais que la bière "Stella" (tout court) ça n'est pas la même chose que la Stella Artois(ah bon? nous aurions plutôt dit que la Saqqara)

- tu dois refuser en moyenne une demande en mariage par semaine (au moins)

- tu trouves tout à fait naturel de passer un week-end dans le désert(oui pourquoi?)

- tu as acheté ton keffieh à des bédouins dans le désert, pas chez H&M

- tu trouves que Moïse est un guignol, pour traverser la mer rouge il suffisait de prendre un microbus jusqu'à Suez


- tu peux négocier pendant 15 minutes pour gagner 1 livre (0,10€)

- tu bois du Pepsi à la place du Coca-Cola et de la Miranda à la place du Fanta

- tu réponds en arabe quand on te pose une question en anglais(en même temps vu leur accent... qui a jamais osé dire que les Français avaient un accent pourri?)

- tu comprends pas pourquoi tes amis ont peur de te suivre quand tu traverses la route(faut se lancer les amis, sinon vous ne passerez jamais et puis qu'y a t-il de dangereux à traverser 3 files de voitures qui roulent en slalomant, il suffit d'apprendre à slalomer soi même...)
- tu as systématiquement les pieds sales quand tu rentres chez toi, ET ALORS ?

- tu sursautes à peine s'il y a une grosse étincelle au moment où tu branches quelque chose(d'ailleurs mon ordi me donne gentiment des décharges en ce moment même)

- tu crois que les saucisses et le jambon c'est à base de boeuf ou de poulet(quoi d'autre? quoi que Raphaël se fournisse en charcuterie(pur porc!) chez Pizza Thomas...)"



Bref, cela résume plutôt bien notre situation actuelle...même si cela n'explique pas tout à fait pourquoi les Egyptiens mettent la clim si fort au point de nécessiter un pull pour entrer dans un batîment alors qu'il fait plus de 40° dehors et qu'on transpire sous ses manches longues en fin coton(peut-être est ce parce qu'eux ne rajoutent pas d'épaisseur lorsqu'ils rentrent dans un endroit et que même par 20° ils ont trop chaud avec leurs vêtements très couvrants et synthétiques?) mais pour le reste, sans doute tout est il question d'habitude... quand on vit comme ça on finit par ne plus se poser de questions sur le pourquoi du comment, c'est ainsi c'est tout, puisqu'allah l'a voulu ainsi... "maa'lesh"...

dimanche 25 mai 2008

Siwa

En attendant un vrai article, voici quelques photos de notre merveilleux WE à Siwa dont nous revenons à peine, fourbus de fatigue(12h de trajet aller...la même au retour dans les bus egyptiens... on laisse imaginer ceux qui ont eu l'occasion d'en profiter!), mais ravis d'avoir enfin vu ce site splendide mélange de palmeraies, de désert de sable(le premier que nous voyions), où surviennent ça et là de petits lacs ou d'agréables sources d'eau chaude d'où émane une putride odeur d'oeuf pourri, caractéristique du souffre. à découvrir et conseiller absolument, pendant que les touristes sont encore découragés par la longueur du trajet et que l'aéroport n'est pas encore fonctionnel... malgré la peur bleue que font les femmes sous leurS voiles gigantesques et dans leur immobilité quasi totale qui les font ressembler aux "cavaliers noirs de la nuit" ou autre "détraqueur", parmi la foule de taxis "à ânes"...




















































jeudi 20 mars 2008

20 ans de Mathilde au pied des pyramides!!

Vendredi dernier, alors que Mathilde entrait dans la vingtaine et avait rejoint Hubert au Cap (oui oui en Afrique du Sud), une grande manifestation culturelle avait été organisée en son honneur... le concert des 20 ans d'IAM au pied des pyramides de Gizeh!




Un moment unique. Nous pourrons dire à nos pti enfants "j'y étais"... Un remix de leurs vieux tubes incontournables tels "Petit frère"ou "le MIA" et de morceaux plus récents accompagné de l'orchestre national du Caire, de Khaled et quelques autres voix de la musique arabe contemporaine.



Le concert était programmé pour durer 2 heures, mais comme il était hors de question d'annuler le spectacle "sons et lumières" qui a lieu tous les soirs sur le plateau des pyramides, même pour IAM, la fin a du être accélérée et malgré l'acclamation de la foule et l'envie du groupe, il n'y a pas eu de rappel... "maa'lesh".




Il était assez comique de voir que tous les Français que nous connaissons en Egypte ou presque étaient présents, et que s'ajoutaient à eux quelques touristes marseillais venus exprès pour l'occasion mais très peu d'Egyptiens. C'est l'une des premières fois depuis que nous sommes ici où nous avons entendu autant de gens parler français.
Ce fut cependant fort symapthique et nous avons apprécié ce moment de culture gratuite...

mardi 11 mars 2008

Pigeons voyageurs

mois de février agité:

entre tous les visiteurs qui se sont succédés chez nous au mois de février et début mars, nous n'avons pas vu le temps passer. Cela nous a donné l'occasion de revisiter l'Egypte et notamment Le Caire où nous ne sortons que très rarement pour faire les touristes. Raphaël a vu les pyramides de Giza pour la première fois de près(mais de nuit...)!






Nous sommes notamment partis à la découverte du désert blanc et du désert noir le temps d'un WE haut en couleur avec des amis.

Puis les parents de Myrtille sont arrivés et après leur avoir fait découvrir quelques rues du Caire, le souk Khan el Khalili et les danses soufies avec les beaux-parents de Mathilde également en visite dans le coin, elle est retournée avec eux à Louxor et Hurghada.
Les parents de Myrtille ont ensuite rejoint la France pour laisser leur place à ses cousins dont le programme a été à peu près similaire: visite du Caire, du plateau des pyramides, de Louxor(mais en solo cette fois), puis WE avec plein de monde (Mathilde, Raphaël mais aussi Antoine, Loïc et Baudoin ainsi qu'Estelle une amie de Myrtille en vacances en Israël qui a traversé la frontière pour le WE) au bord de la mer rouge en plein Sinaï à Dahab où les fonds marins sont d'une exceptionnelle beauté même s'il faut s'accoutrer avec un exceptionnel ridicule pour les voir (le masque, les palmes et le tuba ce n'est pas non plus la grande classe).


A tous nos visiteurs nous avons essayé de faire voir l'Egypte telle que nous l'aimons, entre vestiges pharaoniques, agitation de la vie cairote et farniente dans le désert ou au bord de la mer rouge. Apparemment ce coktail est gagnant et rencontre l'adhésion du public...

Mais trève de babillages, ils vous raconteront avec leurs propres mots, nous on va se contenter de mettre quelques photos...




































































































































































vendredi 1 février 2008

Immersion




Louxor j'adore pourrait devenir notre nouveau slogan. Nous avons passé deux semaines là bas au cours du mois de janvier, lors d'un cycle de conférences organisées par notre école. Nous étions logé dans un petit hôtel réservé uniquement pour nous sur la rive ouest(celle où se trouvent les tombes des pharaons, de leurs femmes, de leurs enfants et de leurs plus influents serviteurs de même que leurs temples des millions d'année) autrement appelée à l'époque la rive de la mort, au milieu des montagnes et des vestiges dans le village coloré de Gourna, dont les habitants se sont montrés particulièrement accueillants avec nous.












Cette période de "transition" entre les vacances et les partiels fut propice à la mobilisation de nos connaissances de façon très concrête.








Malgré le manque d'eau dans l'hôtel(nous ne pouvions pas vraiment prendre de douche chaude mais parfois même pas de douche du tout pendant plusieurs jours), la pluie(alors qu'il n'avait pas plu depuis 20 ans là bas), et le froid parfois saisissant, nous avons joint l'utile à l'agréable.
Redécouvrant les vestiges de la rive ouest, notamment la vallée des nobles et le village des artisans que nous n'avions pas eu l'occasion de voir en octobre,
nous avons aussi profité du fait d'avoir progressé en arabe pour jouer avec les enfants et discuter avec leurs parents qui travaillent dans l'agriculture ou le tourisme, et avons pu constater de notables différences de niveau de vie mais aussi d'éducation.











Entre deux conférences en arabe sur la santé, les coûtumes, la culture de la canne à sucre ou l'art, nous nous promenions d'une rive à l'autre, d'une époque à l'autre.









Nous avons également profité de ce séjour pour s'offrir des vacances gastronomiques et redécouvrir la cuisine egyptienne par le biais de restaurants raffinés mais aussi par celui d'un petit café que nous avons surnommé "PMU" car tous les hommes du quartier y venaient fumer la chicha en buvant du thé à la menthe au bord de la route.


Nous serions bien restés quelques jour de plus coupés du reste du monde, malheureusement ce n'était pas possible et nous avons du replonger rapidement dans la turpitude de la vie cairote, pour préparer nos examens et accueillir toutes les personnes qui viennent nous voir en février.


mardi 8 janvier 2008

"Home sweet home"

Tout d'abord nous souhaitons une très bonne année à tous nos fidèles lecteurs en espérant qu'ils voudront bien nous pardonner ces quasi 2 mois d'absence.

Après des vacances françaises, le retour en Egypte fut moins fastidieux que ce à quoi on aurait pu s'attendre: il y faisait froid...comme en France(ou presque car malgré les 20° externes, les appart sont mal isolés, les fenêtres ferment difficilement, les nuits sont fraîches et ele chauffage n'existe malheureusement pas), grâce à nos réserves d'écureuil(malins nous avions prévu les saucissons, le fromage, la compote, le chocolat à dessert et les confitures maisons...) la transition alimentaire a été simplifiée, on se souvenait du minimum de vocabulaire vital et on a pu constater avec plaisir qu'on avait assimilé malgré nous plus de vocabulaire arabe que ce dont on pensait se souvenir après deux semaines de français intensif(avec parfois ses dialectes locaux "alors lô chvoi pô de quoi vous voulez parler"...nous diront certains les mains sur les hanches), les taxis klaxonnaient toujours, les femmes étaient toujours voilées, les nombreux flics chargés de réguler la circulation ou de surveiller l'entrée des bâtiments officiels étaient toujours aussi nombreux, la propriétaire était toujours en retard pour venir chercher le loyer, nos bawabs(les concierges) étaient toujours habillés en véritables gardiens de la sécurité et étaient toujours souriants, la poussière était toujours aussi persistante, notre évier toujours aussi mal en point et on nous prenait toujours pour des touristes en nous souhaitant "welcome to Egypt"...


Quelques changements tout de même: des lampadaires ont été installés dans notre rue!(ce qui nous permet d'enfin vraiment voir les chats qui s'agglutinent sur les trottoirs la nuit tombée et de ne pas danser le "mia"), on a reçu d'astronomiques factures d'éléctricité alors que jusqu'à présent nous n'avions rien payé et nous avons enfin décoré un peu notre appart avec des photos de nos périples et de grandes affiches.


Ces quelques semaines hors d'Egypte ont finalement été l'occasion d'un premier bilan qui nous a mené à faire la liste des choses encore très nombreuses que nous aimerions découvrir lors des 6 mois qui nous restent à passer ici et que nous vous ferons partager lorsque vous viendrez nous rendre visite... ou tout simplement par ce blog.


D'ici là, "la suite au prochain numero"...

jeudi 22 novembre 2007

Tranche de (vie) cairote

Les harcèlements incessants de nos fans assoiffés nous ont fait prendre conscience que cela faisait effectivement un sacré moment que nous n'avions rien publié sur ce blog. En outre nous sommes désormais en "vrai" WE après avoir travaillé d'arrache-pied pour performer notre premier examen local : un oral en arabe... de 5 à 10 minutes... Raphaël nous a offert une splendide prestation du Petit Chaperon Rouge revisité à la mode baladi(il a du passer par la douane avec sa bouteille de vin et son tire-bouchon) tandis que Mathilde et Myrtille ont tenté d'avancer le travail du guide blue jeans, qui consiste à donner les bons et mauvais plans aux petits deuxième année qui voudraient nous succéder ici l'an prochain.
Ces derniers temps notre vie fut donc plutôt cairote et concentrée sur les cours et la recherche d'activités externes tel le sport(Raph se met à la boxe et Mathilde au Marriot), le théâtre bilingue(Myrtille a décidé de s'y remettre) ou encore les cours de langue donnés à des Soudanais.

Concernant les cours, nos progrès ont été suffisants pour qu'on ait l'impression de s'en sortir dans la vie courante et pouvoir baragouiner plus de 3 mots aux chauffeurs de taxi ce qui est assez agréable.

Dans le cadre des cours de socioculturel, nous avons visité des ateliers dans le souk le plus grand et le plus célèbre du Caire : le Khan el Khalili. Au milieu de bâtiments tous plus somptueux les uns que les autres, en plein coeur du Caire islamique, à côté du centre névralgique sunnisme représenté par la mosquée et l'université El-Azhar, un véritable souk s'est installé depuis 400 ans. Les ateliers sont légèrement excentrés du coeur grouillant du souk à touristes. C'est pourquoi, débarquant à 80 "riches blancs" dans des rues étroites, escarpées et plutôt délabrées, nous ne passions pas inaperçus. Après avoir visité de splendides maisons datant de l'époque des Mamelouks et des Ottomans, nous avons pénétré dans une réalité bien moins sympathique et malheureusement encore très actuelle: celle du travail des enfants dans une fabrique de tapis. (voir à ce propos la très jolie histoire "Ahmed le tailleur" sur le blog de François: http://al-qahira.livejournal.com/). Ces enfants qui n'ont sans doute jamais vu autre chose que le métier à tisser devant lesquels on les fait s'asseoir chaque matin pour nouer des fils devant un outil titanesque et réaliser un ouvrage qui leur prend des mois depuis qu'ils sont en âge de comprendre les gestes à réaliser, c'est à dire souvent à partir de 5ans. Ils gagnent à peine de quoi manger le pain "baladi"et sont sensés nourrir leur famille. Ils peuvent s'estimer heureux car eux au moins ont un toit et ne sont pas condamnés comme 4 millions d'enfants en Egypte, à vivre dans les rues, mendier leur pain et dormir sous les ponts. Bien-sûr ils n'iront jamais à l'école et ne sauront donc ni lire et écrire, il leur sera donc très difficile d'avoir une autre ambition que celle de devenir un tisseur "reconnu" mais ils ne se posent le plus souvent même pas la question puisqu'ils n'ont pour la plupart jamais eu l'occasion de sortir véritablement de leur quartier. Cette immersion dans une autre réalité de l'Egypte était importante. Elle nous offre un autre horizon.